Donald Trump a déclaré que l'Iran a accepté de ne pas posséder d'armes nucléaires et a laissé entendre qu'une rencontre avec le guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, pourrait avoir lieu. Dans un entretien avec un podcast, le président américain s'est dit désireux de rencontrer personnellement le religieux, qui participerait activement aux négociations de paix entre Washington et Téhéran. « Nous nous rencontrerons probablement à un moment donné, selon la façon dont les choses évoluent », a-t-il déclaré, mêlant optimisme et prudence. Ces propos surviennent dans un contexte de violations du cessez-le-feu des deux côtés et de tensions impliquant également le Liban et d'autres acteurs régionaux.
Un cessez-le-feu constamment violé
Malgré le ton conciliateur de la Maison-Blanche, la situation sur le terrain reste marquée par les hostilités. Peu avant les déclarations de Trump, le conseiller militaire de Khamenei, Mohsen Rezaei, a publié sur le réseau social X un message qui semble contredire directement l'optimisme américain. « Chaque tir et chaque attaque seront répondus par une avalanche de missiles et de drones. L'agresseur sera puni rapidement », a écrit Rezaei, faisant référence aux bombardements américains contre un pétrolier iranien et l'île de Qeshm, qui ont provoqué des représailles iraniennes contre le Koweït et Bahreïn. Ces échanges de coups illustrent la fragilité de la trêve en vigueur depuis le 7 avril, rompue à plusieurs reprises ces dernières semaines.
Les représailles en chaîne s'intensifient
Le conseiller militaire n'a pas été le seul à durcir le ton. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baghaei, a accusé les États-Unis de continuer à violer le cessez-le-feu et a affirmé que Téhéran n'hésiterait pas à prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre sa sécurité nationale. « Nous insistons sur le fait qu'un cessez-le-feu au Liban est une condition essentielle pour tout accord visant à mettre fin à la guerre », a déclaré Baghaei, liant les négociations bilatérales au conflit entre Israël et le Hezbollah. Du côté américain, Trump a admis avoir parlé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en « termes agressifs » mardi, exprimant son mécontentement face aux « querelles constantes » d'Israël avec le Liban.
Le Liban au cœur des divergences
L'offensive israélienne au Liban est devenue l'un des principaux points de friction entre Washington et Téhéran. L'Iran conditionne toute trêve avec les États-Unis à la mise en œuvre d'un cessez-le-feu effectif au Liban, position réitérée par le porte-parole iranien. Trump, de son côté, a affirmé avoir contourné un contretemps après que l'Iran a menacé de suspendre les négociations en raison des échanges d'attaques entre Israël et le Hezbollah. « J'ai donc parlé au Hezbollah et je leur ai dit de ne pas tirer, et j'ai parlé à Bibi et je lui ai dit de ne pas tirer, et les deux ont arrêté de s'attaquer mutuellement », a-t-il relaté, suggérant une médiation directe de la Maison-Blanche.
Le détroit d'Ormuz reste fermé
Au milieu des allers-retours diplomatiques, le détroit d'Ormuz – par où transite un cinquième de la production mondiale de pétrole – demeure fermé à la navigation. Trump a évoqué lundi dernier la possibilité d'un accord entre les États-Unis et l'Iran pour rouvrir le passage la semaine prochaine, mais l'impasse persiste. La fermeture de cette route stratégique a un impact direct sur les marchés mondiaux de l'énergie, aggravant l'incertitude économique. Parallèlement, les discussions sur le programme nucléaire iranien restent au centre des divergences : Washington exige que Téhéran s'engage à ne jamais développer d'armes atomiques, tandis que l'Iran affirme que ce sujet n'est pas à l'ordre du jour.
Le programme nucléaire, pomme de discorde
Le principal point de discorde dans les négociations actuelles est précisément le programme nucléaire iranien. Trump a déclaré que l'Iran avait déjà accepté de ne pas avoir d'armes nucléaires, mais la position officielle de Téhéran ne confirme pas cet engagement. La déclaration du président américain semble refléter son optimisme personnel quant à l'avancement des pourparlers. « L'Iran est un grand succès. Nous verrons ce qui se passe. Nous travaillons sur un accord, et si cela se produit, tant mieux. Sinon, tant pis. Nous ferons autrement », a-t-il affirmé, mêlant confiance et ambiguïté. Des analystes estiment que l'absence d'un engagement formel de la part de l'Iran rend cette affirmation prématurée et potentiellement risquée.
Malgré l'optimisme du président américain, la réalité sur le terrain demeure tendue. Les violations du cessez-le-feu, les menaces du conseiller militaire iranien et la fermeture du détroit d'Ormuz indiquent que la voie vers la paix est encore incertaine. La communauté internationale observe attentivement les prochaines démarches des deux puissances, tandis que le temps presse pour éviter une escalade plus large. Une rencontre entre Trump et Khamenei, si elle se concrétise, constituerait un geste historique, mais elle dépend d'une série de conditions qui n'ont pas encore été remplies.
