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Trump refuse de libérer les avoirs iraniens avant un accord et menace d’une action militaire ‘brutale’

Victória dos Santos de Sá
Trump refuse de libérer les avoirs iraniens avant un accord et menace d’une action militaire ‘brutale’

Le président des États-Unis, Donald Trump, a exclu tout dégel des avoirs iraniens bloqués à l’étranger avant la conclusion d’un accord avec Téhéran. Dans une entrevue accordée à la chaîne NBC diffusée ce dimanche 7 juin, le locataire de la Maison-Blanche a répondu par un « non » catégorique à la question de savoir s’il libérerait ces fonds ou lèverait des sanctions en amont d’une éventuelle entente. « Cela viendra après. S’ils agissent correctement, s’ils font du bon travail », a-t-il ajouté, lors d’un entretien enregistré le vendredi 5 juin. Cette déclaration intervient alors que des négociations délicates se poursuivent, l’Iran exigeant précisément le déblocage de ces sommes gelées par les sanctions américaines.

Des conditions strictes pour un dialogue sous tension

Le dirigeant républicain a souligné qu’aucun allégement financier ne serait accordé avant une évaluation ultérieure du comportement iranien. « S’ils agissent correctement, s’ils font du bon travail », a-t-il répété, conditionnant la libération des actifs à une bonne conduite de Téhéran après la signature d’un éventuel pacte. Selon une source proche des pourparlers, le Département du Trésor américain explore une alternative : utiliser ces mêmes fonds pour indemniser les pays du Golfe des dommages causés par des attaques iraniennes. Cette piste révèle la complexité des tractations, où l’argent gelé est devenu un levier stratégique central.

Un nœud financier complexe

Les actifs iraniens représentent une pièce maîtresse dans l’équation diplomatique. Téhéran insiste sur leur libération préalable, tandis que Washington exige des gages concrets avant tout geste. L’idée de détourner ces sommes vers des compensateurs régionaux pourrait redessiner les alliances au Moyen-Orient. Trump, lui, maintient une ligne dure : les avoirs ne seront débloqués qu’après un accord, pas avant. Cette position risque de crisper des négociations déjà fragiles.

Le sort de l’uranium enrichi au cœur des négociations

Le président américain a également abordé la question épineuse de l’uranium enrichi iranien. Il a affirmé connaître l’emplacement exact de ce matériau et a déclaré vouloir le récupérer « d’une façon ou d’une autre », sans préciser s’il enverrait des troupes pour cette mission. « Si nous parvenons à un accord, alors que nous sommes en bons termes, nous agirons ensemble. Ce sera notre matériel. Nous l’enlèverons et le détruirons, qu’il soit là ou ailleurs », a déclaré Trump lors de l’émission Meet the Press de NBC News. Le secrétaire d’État Marco Rubio a reconnu que le dossier de l’uranium est « clairement abordé » dans les pourparlers, tout en admettant que Téhéran n’a pas encore donné son aval.

Un obstacle persistant

Le devenir de l’uranium enrichi iranien reste l’un des points les plus litigieux des discussions. Trump se montre inflexible sur la nécessité de détruire ce stock, quel que soit son lieu de stockage. Cette exigence se heurte à la position iranienne, qui n’a pas approuvé une telle solution. Les deux camps semblent pourtant « très proches » de signer un accord, selon le président américain, mais cette divergence fondamentale entrave toute avancée définitive.

Menace d’une action militaire « brutale »

Donald Trump n’a pas écarté une offensive armée en cas d’échec des négociations. « Si nous ne parvenons pas à un accord, nous les neutraliserons militairement d’une manière très brutale », a-t-il prévenu. Il a ajouté qu’il attendrait de prendre cette décision avant d’agir, mais a assuré : « Quoi qu’il arrive, nous serons en sécurité ». Le locataire de la Maison-Blanche a également indiqué vouloir maintenir les troupes américaines positionnées dans la région jusqu’à ce que les pourparlers soient « conclus ». « Je ne les considère pas en danger », a-t-il affirmé, malgré un cessez-le-feu fragile et la reprise récente des hostilités autour du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique contrôlée par l’Iran.

Le président américain a par ailleurs jugé la nouvelle direction iranienne « plus rationnelle et très intelligente ». Il a évoqué la figure de Mojtaba Khamenei, successeur de son père Ali Khamenei, estimant qu’il est impliqué dans le processus d’approbation d’un accord de paix. Trump s’est dit ouvert à des discussions directes avec lui : « Je le ferais s’il le voulait », a-t-il déclaré, tout en précisant n’avoir pas encore parlé directement au nouveau guide. Interrogé sur la localisation exacte de Mojtaba, le président a esquivé : « Il y a de bonnes chances que je le sache ». Les deux parties sont « très proches » de conclure un accord, selon Trump, qui exhorte l’Iran à renoncer plus avant à ses ambitions nucléaires. Le sort de l’uranium reste un des derniers obstacles majeurs pour mettre fin à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. « Nous irons avec eux ou sans eux. Mais nous ne tolérerons pas d’être pris pour cible », a résumé le président.

Notre analyse — The Premise News: Cette déclaration de Trump marque une ligne dure qui peut soit accélérer les négociations, soit les faire capoter. Ce qui est en jeu ne se limite pas au programme nucléaire iranien : il s’agit aussi de l’équilibre des forces dans le Golfe et de la sécurité de routes maritimes vitales. Le refus de dégeler les avoirs avant un accord révèle un pari maximaliste, en contraste avec la disposition à coopérer pour détruire l’uranium. Cette tension entre conditions préalables et coopération future définit le moment présent. Nos lecteurs doivent observer si Téhéran acceptera la proposition d’utiliser ses propres fonds pour indemniser les pays du Golfe — un geste qui pourrait remodeler les alliances régionales. Surtout, la perspective d’une action militaire « brutale » reste suspendue, rendant les prochaines semaines cruciales pour éviter une escalade encore plus dangereuse.

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