Google a présenté ce mercredi 3 juin un plan en cinq volets visant à réduire l'empreinte hydrique de ses data centers, y compris ceux dédiés à l'intelligence artificielle. L'engagement le plus frappant est de restitution d'un volume d'eau supérieur à celui prélevé pour le refroidissement de ses installations américaines d'ici 2030. L'entreprise américaine a détaillé ces mesures dans un communiqué officiel, évoquant également des investissements dans des projets hydriques et des modifications des systèmes de refroidissement. Cette annonce intervient alors que l'attention se porte de plus en plus sur l'utilisation des ressources naturelles par les grandes firmes technologiques.
Les cinq axes d'action du géant américain
La première étape du dispositif est la plus ambitieuse : garantir que, dans un délai de quatre ans, le volume d'eau restitué à l'environnement dépasse celui consommé pour le refroidissement des data centers, du moins sur le territoire nord-américain. Pour atteindre cet objectif, Google indique qu'il multipliera les projets de gestion de l'eau dans les régions où se trouvent ses centres de données et dans les bassins hydrographiques adjacents. Selon le groupe, cette expansion nécessite un investissement de 17 millions de dollars, soit environ 86,1 millions de reais au taux de change actuel. Cette somme sera allouée à des initiatives allant du renforcement de l'approvisionnement local à la détection des fuites dans les canalisations, comme l'a précisé la société dans sa note.
Modernisation des réseaux d'eau et traitement
Les autres volets du plan incluent un soutien à la modernisation des systèmes d'approvisionnement et de traitement de l'eau dans les villes hébergeant les data centers. Google mentionne que les projets couvrent à la fois le renforcement de l'infrastructure hydrique locale et les technologies permettant d'identifier les pertes dans le réseau de distribution. L'entreprise s'engage également à réaliser une analyse plus approfondie des bassins hydrographiques avant d'implanter de nouveaux centres de données. Si l'utilisation de l'eau devait représenter un risque pour l'environnement ou l'approvisionnement de la communauté, elle adopterait alors un refroidissement par air ou des systèmes utilisant de l'eau recyclée, selon le document diffusé.
Pourquoi l'intelligence artificielle exige davantage d'eau
Faire fonctionner un data center nécessite une structure énergétique complexe pour maintenir tous les équipements en activité 24 heures sur 24, y compris les systèmes de refroidissement. L'entraînement des modèles d'IA les plus connus implique un volume considérable de données et ne peut être réalisé qu'avec des puces de traitement modernes, qui consomment plus d'énergie et génèrent davantage de chaleur. Avec des équipements plus chauds, le seul moyen de contrôler la température est d'adopter un système de refroidissement liquide, par eau ou par huile – contrairement aux data centers cloud, qui peuvent être refroidis par air car ils consomment moins d'énergie. Une étude de l'Université de Californie à Riverside indique que poser jusqu'à 50 questions à ChatGPT peut consommer un demi-litre d'eau, illustrant l'ampleur du problème.
Brésil : 180 data centers, mais aucun dédié à l'IA
Au Brésil, on dénombre actuellement environ 180 data centers en service, mais aucun n'est consacré à l'intelligence artificielle. Cependant, quatre projets de ce type ont déjà été annoncés dans le pays, et ils pourraient avoir une consommation d'énergie équivalente à celle de 16,4 millions de foyers. L'expansion de l'IA au Brésil risque de peser davantage sur les ressources hydriques, surtout si les nouveaux centres adoptent un refroidissement liquide. Le plan de Google ne mentionne pas d'objectifs précis pour l'extérieur des États-Unis, mais il signale une tendance mondiale vers une responsabilité environnementale accrue.
L'initiative du géant technologique reflète une pression croissante sur le secteur pour atténuer les impacts environnementaux de l'essor de l'intelligence artificielle. En promettant de rendre plus d'eau qu'il n'en consomme, Google tente de devancer les critiques et les réglementations plus strictes. L'objectif de 2030 reste toutefois limité aux États-Unis, et les détails sur la mise en œuvre dans d'autres pays n'ont pas encore été divulgués. Le succès du plan dépendra de la capacité de l'entreprise à étendre les projets hydriques et à adapter son infrastructure mondiale.
