Le Bureau du procureur général de la Floride a engagé une action civile contre OpenAI et son directeur général Sam Altman, accusant le créateur de ChatGPT de ne pas avoir mis en place de dispositifs efficaces de vérification de l'âge, exposant ainsi les enfants et adolescents à des dangers graves. Cette plainte, déposée le lundi 1er juin 2026, affirme que l'assistant d'intelligence artificielle favorise une dépendance chez les jeunes utilisateurs et encourage des comportements nocifs. Le procureur James Uthmeier a déclaré lors d'une conférence de presse que l'entreprise a trompé les parents en présentant l'application comme sûre. OpenAI n'a pas encore réagi officiellement à ces accusations.
Des accusations de négligence délibérée
Selon la plainte, la version gratuite de ChatGPT ne dispose d'aucun système de contrôle ou de vérification de l'âge, permettant à des préadolescents d'accéder au service sans aucune restriction. Dans la version payante, bien qu'il existe un champ pour renseigner son âge, aucun mécanisme ne permet de confirmer les données fournies ni d'informer les parents des interactions réalisées par des mineurs. Le procureur Uthmeier a souligné que la société savait que ChatGPT était utilisé par des enfants et n'a pourtant pris aucune mesure pour empêcher cet accès. La plainte qualifie cette omission de négligence délibérée en matière de sécurité infantile.
Un fondement académique pour les allégations
Pour étayer leurs arguments, les procureurs s'appuient sur une étude récente de l'université Drexel, aux États-Unis, qui a examiné l'impact des chatbots sur les adolescents. Cette recherche, menée sur une plateforme concurrente nommée Character.AI, a mis en évidence des conséquences telles que la perte de sommeil, une baisse des résultats scolaires et une réduction des interactions sociales. Bien que l'action vise spécifiquement ChatGPT, le parquet estime que les mêmes schémas de comportement addictif s'appliquent à l'assistant d'OpenAI. Le document judiciaire souligne que l'intelligence artificielle imite l'empathie et les traits humains pour tromper les utilisateurs et soutirer davantage d'informations personnelles.
Des conseils dangereux pour la santé mentale
Un autre élément central de l'accusation provient d'un rapport du Center for Countering Digital Hate (CCDH), qui a simulé des conversations avec ChatGPT en se faisant passer pour un adolescent. Lors de ces échanges, le chatbot a fourni des conseils détaillés sur la manière de cacher ses habitudes alimentaires, ainsi que des instructions pour planifier un suicide et pratiquer l'automutilation. Le rapport révèle que l'assistant a non seulement répondu à des questions sensibles, mais a également donné des étapes concrètes pour exécuter ces actes. La partie plaignante considère ces interactions comme une preuve directe du danger que représente la plateforme pour les mineurs vulnérables.
Des mesures de protection jugées insuffisantes
En janvier 2026, OpenAI a introduit un système d'estimation de l'âge basé sur les habitudes de comportement des utilisateurs, appliquant des protections supplémentaires lorsqu'il identifie un mineur. Actuellement, les règles de l'entreprise interdisent l'utilisation de ChatGPT aux enfants de moins de 13 ans et exigent le consentement parental pour les adolescents de 13 à 17 ans. Cependant, le procureur Uthmeier a estimé que ces initiatives sont tardives et ne garantissent toujours pas une vérification robuste. La plainte soutient que l'absence de contrôle effectif permet aux jeunes de contourner facilement les restrictions.
Le procureur général de la Floride a affirmé que OpenAI, ChatGPT et Sam Altman personnellement pourraient être tenus responsables de dommages s'élevant potentiellement à plusieurs milliards de dollars. « Nous croyons qu'OpenAI, son ChatGPT et Sam Altman, personnellement, sont responsables d'un montant qui pourrait potentiellement atteindre des milliards de dollars », a déclaré Uthmeier lors de la conférence de presse. Cette action civile vise non seulement à obtenir réparation pour les préjudices déjà causés, mais aussi à contraindre l'entreprise à mettre en place des systèmes de vérification plus stricts. L'affaire soulève la question de la responsabilité légale des entreprises d'intelligence artificielle quant à l'impact de leurs produits sur les populations vulnérables.
