Meta a commencé à déployer à l'échelle mondiale des filtres de contenu renforcés pour les comptes adolescents sur Instagram, Facebook et Messenger, a annoncé l'entreprise mardi 2 juin. Cette initiative, testée dans certains pays depuis octobre dernier, vise à garantir que les jeunes utilisateurs aient des expériences adaptées à leur âge. Parallèlement, un nouveau dispositif est expérimenté sur Instagram pour empêcher les adolescents de voir excessivement le même type de contenu. Ce déploiement intervient dans un contexte de pression légale et réglementaire croissante sur les réseaux sociaux.
Paramètres par défaut et régime restrictif
Les nouvelles configurations, baptisées 13+, filtrent les contenus jugés inappropriés pour les adolescents et deviennent désormais le paramètre standard pour tous les comptes de cette catégorie. Meta a également indiqué qu'une option encore plus stricte, appelée « Contenu limité », sera disponible sur Facebook et Messenger plus tard dans l'année. Cette configuration offre une expérience plus restrictive en limitant l'accès à certains types de publications. L'entreprise a souligné que cette mesure vise à empêcher les enfants d'entrer en contact avec du matériel inapproprié sur ses plateformes.
Un équilibre délicat entre utilité et exposition
En parallèle, Instagram teste un nouvel outil conçu pour diversifier le contenu affiché aux adolescents. La fonctionnalité est pensée pour éviter que les jeunes ne voient des quantités excessives de certains types de publications, favorisant ainsi un fil d'actualité plus équilibré. Meta a reconnu que certains sujets, comme la nutrition, le levé de poids ou les astuces pour gérer l'anxiété, peuvent être utiles, mais ne doivent pas être diffusés de manière répétée. La société défend la nécessité d'équilibrer ces thèmes avec d'autres contenus pour éviter une exposition uniforme.
Un contexte judiciaire lourd
Cette annonce survient quelques semaines après un procès historique à Los Angeles. Le 25 mars, un jury a jugé Meta et Google négligents pour avoir créé des plateformes de réseaux sociaux nuisibles aux jeunes. La cour a accordé 6 millions de dollars de dommages et intérêts combinés à une femme de 20 ans qui affirmait être devenue accro aux réseaux sociaux dès l'enfance. En avril, Meta avait déjà averti les investisseurs que la réaction légale et réglementaire en Union européenne et aux États-Unis « pourrait affecter significativement nos activités et nos résultats financiers ». Ce scénario de risque se concrétise aujourd'hui avec l'expansion des mesures de protection.
Les investisseurs en alerte
Le groupe a également souligné que les contenus sur la santé mentale et le bien-être peuvent être bénéfiques, mais nécessitent une modération. « Nous reconnaissons que certains contenus — comme les publications sur la nutrition, le levé de poids ou comment gérer l'anxiété — peuvent être utiles, mais doivent être équilibrés avec d'autres types de contenus, plutôt que d'être affichés de manière répétée », a déclaré Meta. Cette position reflète une tentative de répondre aux critiques sans éliminer complètement les matériaux jugés pertinents. L'efficacité des nouveaux outils reste toutefois à éprouver dans la pratique.
